» Trop de pensées m’agitent, toutes sont pour mon père. Pas une goutte de son sang ne coule dans mes veines. Rien et pourtant tout. Si j’ai un peu de force, un peu de caractère, un peu de volonté dans la vie, c’est ma mère qui me les a d’abord donnés, mère enfant, mère courage de dix-sept ans envoyée chez de lointains parents dans un village perdu des Alpes-Maritimes pour dissimuler la honte qui pointait, confectionnant jusqu’au bout de ses forces le paquetage des bergers. Fille-mère d’une mère qui ne voulait plus de sa fille tant qu’elle serait grosse jusqu’aux yeux d’un juif marocain, qui connut la souffrance de ne pouvoir être mon père, mais c’est une autre histoire.  » (Citation de E. Fottorino)